Afrique, Sénégal

De la connaissance à l’action : le Centre GPE KIX Afrique 21 appui le partage des innovations éducatives en Afrique de l’Ouest

Dakar, Sénégal — 18-20 août 2026

Comment mieux partager les connaissances, valoriser les innovations et faire en sorte que les résultats de la recherche contribuent concrètement à l’amélioration des systèmes éducatifs ? C’est autour de cette ambition que s’est tenu à Dakar, du 18 au 20 août 2026, l’atelier sous-régional sur les bonnes pratiques et les expériences en matière de partage de connaissances et d’innovations du cluster Afrique de l’Ouest, organisé dans le cadre des activités du Centre GPE KIX Afrique 21.

Réunissant des représentants du Bénin, de la Guinée, de la Mauritanie et du Sénégal, l’atelier a été consacré au partage des expériences nationales, des résultats de recherche et des mécanismes permettant de renforcer leurs utilisations dans les politiques et pratiques éducatives.

Défis communs, réponses contextualisées : quand la connaissance transforme les systèmes éducatifs

Les échanges ont mis en évidence l’importance d’une meilleure articulation entre recherche, politiques publiques et pratiques éducatives. Les participants ont travaillé à l’élaboration et au renforcement de feuilles de route nationales, destinées à traduire les connaissances et innovations issues du programme GPE KIX en actions concrètes. Ces feuilles de route permettront également d’assurer un meilleur suivi des engagements, et favoriseront ainsi l’intégration des résultats de recherche dans les dialogues politiques et les revues sectorielles nationales.

Les discussions ont fait ressortir plusieurs défis partagés par les quatre pays représentés, notamment les abandons scolaires, le décrochage des filles, la situation des enfants hors du système éducatif, les difficultés liées à la mesure de la qualité des apprentissages ainsi que les enjeux liés à l’intégration du numérique dans les pratiques éducatives.

Face à ces enjeux, les délégations ont présenté différentes expériences et pistes d’action : renforcement des alternatives éducatives, cartographie des vulnérabilités, amélioration des outils de mesure de la qualité, développement des compétences numériques des enseignants et des élèves ou encore amélioration de l’accès à l’éducation.

Vers des résultats de recherche valorisés et un dialogue entre chercheurs, décideurs et acteurs de l’éducation facilité

L’atelier a également attribué une place importante à la présentation de plusieurs travaux de recherche soutenus dans le cadre du programme. Parmi les thématiques abordées figuraient notamment la qualité de l’éducation préscolaire au Sénégal, le leadership scolaire féminin au Bénin, la cartographie de la recherche en éducation dans plusieurs pays africains, la promotion des filles dans les filières sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) ainsi que les enjeux liés à la visibilité et à l’utilisation de la recherche en éducation en Afrique francophone.


Les échanges ont soulevé la nécessité de rendre les résultats de recherche plus accessibles, visibles et exploitables par les décideurs et les praticiens de l’éducation, à travers la création de plateformes de dialogue entre chercheurs et décideurs, le renforcement des infrastructures numériques ou encore la valorisation des productions scientifiques locales. La mise en place de cellules nationales de dialogue recherche-institution au Sénégal, en Guinée et aux Comores constitue l’une des pistes pilotes. Ces dispositifs ont vocation à renforcer la collaboration entre chercheurs et décideurs, à mieux identifier les besoins des politiques publiques et à faciliter l’utilisation des données probantes dans les processus de décision. Des ateliers nationaux, des activités de capitalisation et un accompagnement à distance sont également envisagés afin de consolider ces mécanismes.

Des feuilles de route nationales concrètes pour le partage des innovations et leur mise à l’échelle

L’un des principaux enseignements tirés de l’atelier réside dans la nécessité, au-delà de l’identification des bonnes pratiques, de créer les conditions de leur partage, leur appropriation et leur adaptation à d’autres contextes.

Les participants ont notamment évoqué les voyages d’études, les ateliers de partage, les communautés de pratique et les mécanismes de mise en réseau comme autant de leviers pour favoriser l’apprentissage entre pays.

La plateforme du GPE KIX Afrique 21 a également été présentée comme un mécanisme de partage des connaissances et des innovations, permettant de capitaliser les expériences, d’identifier les conditions de réussite des innovations et de favoriser leur réinvestissement dans les politiques et pratiques éducatives.

Au terme des travaux, les équipes nationales du Bénin, de la Guinée, de la Mauritanie et du Sénégal ont poursuivi la finalisation de leurs feuilles de route. Celles-ci s’articulent autour de plusieurs priorités communes : le renforcement du dialogue entre recherche et décision, l’intégration du numérique, la prise en compte des vulnérabilités, le développement des langues nationales, l’inclusion et le renforcement des échanges entre pays.

L’enjeu est désormais de transformer les recommandations issues de l’atelier en actions suivies et mesurables, tout en veillant à leur cohérence avec les plans sectoriels et les priorités nationales.

Une dynamique régionale au service de l’innovation éducative

En réunissant les acteurs de quatre pays d’Afrique francophone autour du partage des connaissances et des innovations en éducation, cet atelier sous-régional d’Afrique de l’Ouest a confirmé l’importance d’une approche collaborative pour soutenir la transformation des systèmes éducatifs.

Les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des échanges et aux résultats obtenus, tout en réaffirmant l’importance du dialogue entre chercheurs et praticiens pour renforcer la pertinence et l’utilisation des recherches en éducation.

De la recherche au dialogue, puis du dialogue à l’action : l’ambition est désormais de faire des connaissances et des innovations un véritable moteur de transformation durable des systèmes éducatifs en Afrique.

Ce travail est soutenu par le Partenariat mondial pour l’échange de connaissances et d’innovations en éducation (GPE KIX), une initiative conjointe avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), Canada.

Le Centre GPE KIX Afrique 21 est piloté par trois organisations réunies en consortium : l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à travers l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) en qualité de cheffe de file.