Compétences en intelligence artificielle : l’expérience des systèmes éducatifs d’Afrique francophone sur la scène internationale
Alors que l’intelligence artificielle transforme rapidement les pratiques d’apprentissage, les métiers de l’éducation et les compétences attendues des enseignants et des apprenants, les systèmes éducatifs doivent se préparer à ces évolutions. Pour les pays d’Afrique francophone, cette préparation passe notamment par l’identification de compétences adaptées aux contextes nationaux et leur intégration progressive dans les parcours de formation.
C’est dans cette dynamique que le Centre GPE KIX Afrique 21 a présenté, lors de la Semaine de l’apprentissage numérique organisée par l’UNESCO du 8 au 11 septembre 2026 à Paris, les enseignements d’une initiative consacrée aux compétences en IA de quatre pays d’Afrique francophone : le Bénin, le Burundi, la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
Le Centre était représenté par Mme Mona Laroussi, Directrice de l’IFEF-OIF, Mme Roxana Turcanu-Tolomey, Directrice de la Prospection et des Projets de l’AUF, et Dr Maïmouna Sissoko-Touré, Coordinatrice du Centre. Cette participation conjointe illustre l’engagement de l’OIF, à travers l’IFEF, cheffe de file du consortium, aux côtés de l’AUF et de la CONFEMEN, pour accompagner les transformations des systèmes éducatifs par les connaissances, l’innovation et le partage d’expériences.

Partir des besoins des pays pour construire des référentiels de compétences en IA
L’objectif de l’initiative n’est pas simplement d’introduire l’intelligence artificielle dans les systèmes éducatifs. Il s’agit d’abord de répondre à une question essentielle : quelles compétences faut-il développer face à l’essor de l’IA, et comment les intégrer dans les parcours de formation ?
Pour y répondre, le centre GPE KIX Afrique 21, en partenariat avec l’UNESCO, a engagé une démarche collaborative avec plusieurs pays d’Afrique francophone. L’approche repose sur un principe simple : construire, tester et apprendre ensemble, tout en tenant compte des réalités nationales. Elle suit une progression allant de l’anticipation des besoins à la structuration des compétences, puis à la formation et, à terme, à la transformation des pratiques éducatives.
Trois étapes pour passer de l’analyse des besoins aux référentiels opérationnels
Cette démarche s’est concrétisée à travers trois ateliers organisés à Yamoussoukro, Grand-Popo et Saly entre septembre 2025 et juin 2026. Ces étapes ont permis d’avancer progressivement de l’identification des besoins à la consolidation de cadres de compétences en IA.
Le premier atelier a permis d’identifier les compétences numériques primordiales en IA, le deuxième de construire une matrice commune et le troisième de comparer, finaliser et consolider les travaux nationaux. Une attention particulière a également été accordée au partage des connaissances, avec une méthodologie traduisant une volonté de faire de la construction des cadres de compétences un processus collectif plutôt qu’un exercice uniquement technique.
Des cadres nationaux à la mise en pratique
L’initiative a permis d’aboutir à une première version de cadres nationaux de compétences en IA. Leur vocation est d’aller au-delà d’un simple document de référence : ils doivent devenir des outils permettant d’orienter les décisions, les formations et, progressivement, les pratiques.
Cette transition, de la définition des compétences à leur mise en pratique, constitue un enjeu majeur pour les systèmes éducatifs africains. Elle doit permettre d’aborder l’intelligence artificielle non comme une technologie à adopter à tout prix, mais comme une évolution à anticiper, encadrer et accompagner, en fonction des besoins des pays, des acteurs de l’éducation et des apprenants.




