L’Afrique francophone accélère l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’éducation
À Saly, au Sénégal, du 16 au 18 juin 2026, le centre GPE KIX Afrique 21, en partenariat avec l’UNESCO, la Bibliothèque numérique mondiale (GDL) et le ministère de l’Education nationale du Sénégal, a réuni les principaux acteurs de l’éducation pour une étape décisive dans la transformation numérique des systèmes éducatifs francophones africains.
Pendant trois jours, représentants des ministères de l’Éducation, experts internationaux, chercheurs et partenaires techniques et financiers ont travaillé à la finalisation des référentiels nationaux de compétences numériques et en intelligence artificielle (IA) pour les enseignants et les apprenants, tout en faisant progresser la traduction des ressources éducatives numériques dans les langues nationales.


Une vision commune pour une IA au service de l’éducation
Réunissant les délégations des pays pilotes (Bénin, Burundi, Côte d’Ivoire et Sénégal) ainsi que des pays observateurs (Guinée, République centrafricaine et République démocratique du Congo), l’atelier a confirmé une ambition partagée : faire de l’intelligence artificielle un levier d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la résilience des systèmes éducatifs africains.
Les partenaires ont rappelé que l’IA ne constitue pas une finalité en soi, mais un outil au service des apprentissages, de l’accompagnement des enseignants et de l’innovation pédagogique. Ils ont également insisté sur la nécessité d’une approche responsable, éthique et adaptée aux réalités linguistiques, culturelles et technologiques des pays africains.
Le Sénégal réaffirme son engagement
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Ministre de l’Éducation nationale du Sénégal a illustré le potentiel de l’intelligence artificielle à travers une démonstration en direct d’un assistant conversationnel appliqué à l’apprentissage de la trigonométrie. Une manière concrète de montrer comment les technologies peuvent accompagner les élèves tout en rappelant que l’enseignant demeure au cœur de la relation pédagogique.

Le ministre a présenté les principales orientations du Sénégal, notamment la création d’une division dédiée au numérique éducatif et à l’intelligence artificielle, la formation des enseignants, l’élaboration d’une stratégie nationale intégrant les langues nationales ainsi que les sciences et les technologies, sans oublier les travaux engagés autour d’une future charte éthique de l’IA.
Il a également souligné l’importance de la souveraineté numérique, appelant les pays africains à produire leurs propres contenus afin de développer des solutions d’intelligence artificielle adaptées à leurs contextes éducatifs.
Une dynamique régionale portée par les ministres de l’Éducation
Une table ronde ministérielle, organisée en ligne, a permis aux ministres de l’Éducation des Comores, de la Guinée-Bissau et de la République démocratique du Congo de partager leurs stratégies nationales.
Les échanges ont mis en évidence une vision convergente : intégrer progressivement les compétences en intelligence artificielle dans les programmes scolaires, renforcer la formation des enseignants, développer des cadres de gouvernance adaptés et construire des écosystèmes nationaux mobilisant administrations, universités, centres de recherche, secteur privé et partenaires techniques.
Ils ont également insisté sur l’importance d’utiliser une intelligence artificielle inclusive, éthique et capable de répondre aux défis propres aux systèmes éducatifs africains.



Des référentiels de compétences en voie de finalisation
L’un des temps forts de l’atelier a porté sur l’examen des référentiels nationaux de compétences numériques et en intelligence artificielle élaborés par les pays pilotes.
Les participants ont confronté leurs expériences, partagé leurs méthodologies et identifié les éléments communs permettant de renforcer l’harmonisation régionale tout en préservant les spécificités nationales.
Les travaux ont également bénéficié de l’expertise de l’UNESCO, qui a présenté les cadres internationaux de compétences en IA destinés aux enseignants et aux apprenants, offrant ainsi des repères pour leur intégration progressive dans les politiques éducatives.


L’éthique, la gouvernance et les langues nationales au cœur des échanges
Au-delà des aspects techniques, l’atelier a consacré une place importante aux questions de gouvernance de l’intelligence artificielle.
Les participants ont souligné la nécessité de protéger les données, de prévenir les biais algorithmiques, de garantir la transparence des outils et de maintenir une supervision humaine dans les usages éducatifs de l’IA.
La traduction des ressources éducatives numériques en langues nationales a constitué un autre axe majeur des travaux. Des séances pratiques ont permis aux participants d’expérimenter des outils de traduction assistée par l’intelligence artificielle et d’adapter des contenus pédagogiques afin de les rendre plus accessibles aux communautés locales à travers la bibliothèque numérique mondiale, Global Digital Library (GDL).



Le Centre GPE KIX Afrique 21 au cœur de la coopération régionale
En réunissant gouvernements, organisations internationales, universités et partenaires du développement, le Centre GPE KIX Afrique 21 confirme son rôle de plateforme régionale de partage des connaissances et d’innovation au service de l’éducation.
L’atelier de Saly marque une nouvelle étape dans la mise en place de référentiels nationaux de compétences en intelligence artificielle et dans le renforcement de la coopération entre les pays francophones africains. Les partenaires se sont engagés à poursuivre leur accompagnement pour soutenir la formation des acteurs éducatifs, promouvoir une utilisation responsable de l’IA et favoriser la production de ressources éducatives inclusives.
À travers cette dynamique collective, les pays participants réaffirment leur volonté de faire de l’intelligence artificielle un outil au service d’une éducation plus inclusive, plus performante et mieux adaptée aux défis du XXIᵉ siècle.

Ce travail a été soutenu par le Partenariat mondial pour l’échange de connaissances et d’innovations en éducation (GPE KIX), une initiative conjointe avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), Canada.
Rappelons que le centre GPE KIX Afrique 21 est piloté par trois organisations réunies en consortium : l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à travers l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) en qualité de chef de file.




