Le centre GPE KIX Afrique 21 met en lumière les innovations éducatives en contexte de crise lors de la conférence CIES 2026

Du 28 mars au 1er avril 2026, le centre GPE KIX Afrique 21 a pris part aux travaux de la conférence annuelle de la CIES (Comparative and International Education Society : https://conference.cies.us/) dans le cadre des sessions organisées par le programme de Partage de connaissances et d’innovations du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX). Placée sous le thème « Réexaminer l’éducation et la paix dans un monde divisé », cette édition a réuni des chercheurs, décideurs, partenaires techniques et praticiens venus du monde entier pour réfléchir au rôle de l’éducation dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la justice. Les échanges ont notamment porté sur la résilience des systèmes éducatifs, l’éducation inclusive, la formation des enseignants, les partenariats entre recherche et politiques publiques, ainsi que l’utilisation des données probantes pour améliorer les réformes éducatives.
Les innovations éducatives en contexte de crise
C’est dans ce cadre que le centre GPE KIX Afrique 21 a présenté une communication scientifique intitulée « De la rupture à l’innovation : comment les crises redéfinissent l’action publique éducative en Afrique de l’Ouest et du Centre ». Cette intervention s’appuie sur les expériences du Burkina Faso, de la République centrafricaine et du Niger, pour montrer que les situations de crise, bien qu’elles fragilisent les systèmes éducatifs, peuvent également devenir des espaces d’innovation et de transformation.
Au Burkina Faso, où de nombreuses écoles ont dû fermer en raison de l’insécurité, les communautés ont mis en place des espaces temporaires d’apprentissage permettant d’assurer la continuité de l’éducation pour les enfants déplacés. La présentation met également en avant le recours aux radios éducatives solaires, qui diffusent des contenus pédagogiques dans les zones où l’accès à l’école est compromis, ainsi que des dispositifs de soutien psychosocial destinés aux élèves et aux enseignants confrontés aux effets des conflits.
En République centrafricaine, les innovations reposent davantage sur une forte implication des communautés locales. Des centres communautaires d’apprentissage ont été créés afin de maintenir une offre éducative dans les zones les plus fragiles. Par ailleurs, le développement de mécanismes de gouvernance locale, associant autorités éducatives, communautés et partenaires a permis d’améliorer le suivi des élèves et de renforcer la résilience du système éducatif malgré un contexte particulièrement instable.
Au Niger, les réponses innovantes se traduisent notamment par la mise en place de classes passerelles, facilitant la réintégration des enfants déscolarisés ou déplacés dans le système formel. La communication souligne également l’utilisation de carnets de suivi pédagogique, permettant d’assurer la continuité des apprentissages malgré les interruptions de scolarité, ainsi que le développement de dispositifs éducatifs flexibles adaptés aux réalités des zones affectées par les crises.
Malgré la diversité de ces expériences, une conclusion commune se dégage : les innovations développées dans les contextes de crise ne doivent pas être considérées comme de simples réponses ponctuelles. Lorsqu’elles sont documentées, évaluées et partagées, elles constituent des sources précieuses de connaissances, susceptibles d’inspirer des réformes durables et de renforcer la résilience des systèmes éducatifs.

Valoriser les innovations locales pour éclairer les politiques publiques
À travers cette communication, le centre GPE KIX Afrique 21 réaffirme la spécificité de son approche : accompagner les pays partenaires dans l’identification, la documentation et la diffusion des innovations éducatives afin de favoriser leur appropriation par les décideurs. Les travaux présentés montrent qu’une innovation ne produit des effets durables que lorsqu’elle est reconnue par les institutions, adaptée aux réalités nationales et soutenue par des mécanismes de gouvernance favorisant son passage à l’échelle.
Cette réflexion fait directement écho à la mission du programme GPE KIX, qui soutient le recours aux données probantes et au partage des connaissances pour améliorer les politiques éducatives. La conférence a d’ailleurs consacré plusieurs sessions à des thématiques au cœur des activités du centre GPE KIX Afrique 21, telles que la mise en place de partenariats entre chercheurs et gouvernements, l’harmonisation des données éducatives en Afrique, le développement professionnel des enseignants, l’éducation inclusive ou encore la résilience des systèmes éducatifs.
La participation du centre GPE KIX Afrique 21 à cette conférence internationale témoigne du renforcement de la visibilité des connaissances produites en Afrique et de son engagement dans les débats internationaux sur les politiques éducatives. Elle offre également l’opportunité de partager avec la communauté scientifique internationale des expériences issues des pays partenaires du centre, tout en enrichissant les échanges avec d’autres initiatives du programme GPE KIX.
Au-delà de la diffusion de résultats de recherche, cette participation illustre en outre l’ambition du centre de faire des innovations développées sur le terrain de véritables sujets de dialogue, de capitalisation et d’apprentissage collectif. En favorisant la rencontre entre recherche, pratique et décision publique, le centre GPE KIX Afrique 21 contribue à renforcer l’utilisation des données probantes au service de systèmes éducatifs plus résilients, plus inclusifs et mieux préparés à répondre aux défis contemporains.




